Tolérance Zéro
Tolérance zéro
Suite aux plaintes des blancs à l'encontre des étrangers, un policier, William Bratton voulut du changement.
L'histoire de la tolérance zéro commence avec l'expérience de sécurisation du métro de New York par William Bratton, durant la moitié des années 1990. Il s'agit de donner pour mission à la police de ne pas se contenter de courir après les délinquants signalés mais d'être beaucoup plus présente sur le terrain. Et il y a eu à ce nouveau système un bon résultat: une forte réduction de vols, une chute de fraude, la raréfaction de la mendicité. Bratton obtient rapidement:
1) Une forte augmentation des effectifs de police (30 à 40 000 hommes en quelques années; pour la ville de 7.5 millions d'habitants),
2) une réorganisation des moyens statistiques d'évaluation locale à la fois de la criminalité et de l'efficacité policière;
3) les moyens de faire pression pour "remettre les policiers dans la rue" et intensifier leurs contrôles sur la voie publique, à l'affût des moindres infractions,
4) le droit de saisir immédiatement les armes découvertes au cours des fouilles. Au coeur de l'opération.
Il s'agit donc d'imposer à la police de nouvelles façons de travailler et d'être évaluée: un nouveau management de la police par Bratton.
Le nouveau management policier de Bratton fût-il efficace? Il semble logique de penser que cette politique a pu réduire les petites délinquances de voie publique et les désordres les plus visibles. Mais il est probable que cet effet existe même si le renforcement des contrôles a souvent pour effet d'une part de déplacer les problèmes au lieu de les résoudre, d'autre part d'amener les délinquants à s'adapter à la nouvelle donne policière.
Enfin, l'évaluation ne serait pas complète si l'on ne signalisait pas un effet pervers important de cette politique qui a augmenté fortement les abus de pouvoir et les violences commises par les policiers et on peut observer que les victimes ont été massivement les jeunes noirs des quartiers pauvres.
Selon un sondage réalisé en août 2000 à New York, 61% de l'ensemble des sondés estimaient que la police faisait du bon travail, mais 42% des noirs et 36% des hispaniques disaient avoir peur lorsqu'ils sont abordés par un policier. Mais ce sont en réalité massivement les jeunes hommes noirs et hispaniques qui font l'objet de cette présomption de dangerosité.

texte inspiré du livre les Etats-Unis de Truman à Bush